Secteur lieux hybrides

Avocat en bail commercial pour les lieux hybrides : salles de sport, coffee shops, concept-stores

Salle de sport avec bar, coffee shop qui vend des livres, boutique qui accueille des ateliers : un lieu hybride exerce plusieurs activités sous un seul bail.

Chacune doit être autorisée par le bail, compatible avec l’immeuble et conforme à la réglementation. J’accompagne les porteurs de ces concepts, et les bailleurs qui les accueillent.

En bref. Un lieu hybride se heurte à quatre règles distinctes : la clause de destination du bail, le règlement de copropriété, la réglementation des établissements recevant du public (ERP) et, dès qu’il y a de l’alcool, celle des licences. Le risque est de signer un bail pour une seule activité et de découvrir ensuite que la seconde n’est pas autorisée. HGI Avocat sécurise le bail dès la négociation et organise, en cours de bail, l’ajout d’une activité. Vous n’avez pas encore signé ? Voir négocier votre bail commercial, de la lettre d’intention à la signature.

Faire entrer toutes les activités dans le bail

À la signature, la clause de destination doit viser expressément chaque activité exercée : « salle de sport, vente de boissons et d’en-cas, vente d’articles de sport », par exemple. C’est le moment où le bailleur est le plus ouvert, et le seul où vous n’avez aucune formalité à accomplir.

En cours de bail, deux voies existent :

SituationProcédureCe que peut faire le bailleur
Activité connexe ou complémentaire (un coin café dans une salle de sport)Déspécialisation partielle (C. com., art. L. 145-47)Contester dans les deux mois le caractère connexe ou complémentaire ; demander la prise en compte de la nouvelle activité à la révision triennale suivante
Activité différente (transformer la boutique en restaurant)Déspécialisation plénière (C. com., art. L. 145-48 et s.)Refuser, sous le contrôle du tribunal ; demander une indemnité et une modification du loyer sans plafonnement (art. L. 145-50)

Le détail des procédures figure sur la page la déspécialisation : changer d’activité.

Boissons et restauration : la question de la licence

Servir du café, des jus ou des smoothies ne nécessite pas de licence : seules les boissons alcoolisées y sont soumises. Dès que l’on sert de l’alcool, il faut une licence adaptée (licence de restaurant si la boisson accompagne le repas, licence de débit de boissons sinon) et un permis d’exploitation obtenu après une formation (Code de la santé publique). À Paris, les formalités passent par la préfecture de police.

La restauration, même légère, pose aussi des questions techniques : extraction des odeurs, évacuation des graisses, conduits. Beaucoup de règlements de copropriété interdisent ou encadrent les activités de restauration. Le point se vérifie avant de signer. Voir aussi la page avocat pour les cafés, restaurants et hôtels.

ERP, urbanisme et nuisances

Sécurité et accessibilité. Une salle de sport, un restaurant et un magasin ne relèvent pas du même type d’établissement recevant du public. Ajouter une activité peut modifier le classement du lieu et imposer des travaux, soumis à autorisation, ainsi que des obligations d’accessibilité. Le bail doit dire qui les paie.

Urbanisme. Le code de l’urbanisme distingue plusieurs sous-destinations (commerce de détail, restauration, activités de services…). Passer de l’une à l’autre peut supposer une formalité, et le plan local d’urbanisme de Paris protège certains linéaires commerciaux. C’est à vérifier au cas par cas, avant de signer.

Nuisances. Musique, chocs de poids, vibrations, odeurs : les lieux hybrides installés en pied d’immeuble d’habitation sont exposés aux plaintes des voisins. Le locataire répond du trouble anormal de voisinage (C. civ., art. 1253) et, envers le bailleur, des obligations du bail. L’insonorisation se négocie et se chiffre avant l’entrée dans les lieux.

Espaces partagés

Coworking avec café, espace partagé qui sous-loue des postes de travail : ces montages posent en plus la question de la sous-location et de la nature des contrats conclus avec les utilisateurs. Voir la page avocat coworking et coliving.

FAQ

Questions fréquentes

Ma salle de sport peut-elle ouvrir un bar à smoothies ou un coin café ?

Oui, le plus souvent, mais pas sans formalité. Si le bail ne vise que la salle de sport, l’ajout d’une activité connexe ou complémentaire passe par une déspécialisation partielle notifiée au bailleur, qui dispose de deux mois pour la contester (C. com., art. L. 145-47). Il faut aussi vérifier le règlement de copropriété et les contraintes ERP.

Faut-il une licence pour vendre du café ou des jus ?

Non, pour les seules boissons sans alcool. Oui dès que l’on sert de l’alcool : licence de restaurant si la boisson accompagne le repas, licence de débit de boissons sinon, avec dans les deux cas un permis d’exploitation obtenu après une formation (Code de la santé publique).

Le bailleur peut-il refuser l’ajout d’une activité ?

Oui, dans certains cas. En déspécialisation partielle, il ne peut que contester, dans les deux mois, le caractère connexe ou complémentaire de l’activité ; le tribunal tranche en cas de désaccord. En déspécialisation plénière, il peut refuser, mais le tribunal peut passer outre à un refus non justifié par un motif grave et légitime.

Qui paie l’insonorisation d’une salle de sport ?

Cela dépend du bail. Les travaux liés à votre activité sont en général à votre charge, et le bail met souvent à la charge du preneur l’obligation de ne pas causer de nuisances. Le point se négocie avant la signature, surtout dans un immeuble d’habitation.

Un concept hybride a-t-il un effet sur le loyer ?

Oui, il peut en avoir. Après une déspécialisation partielle, le bailleur peut demander, à la première révision triennale, la prise en compte de la nouvelle activité ; après une déspécialisation plénière, il peut demander une modification du prix du bail sans plafonnement (C. com., art. L. 145-50).

Un concept hybride à installer ou à faire évoluer ?

Envoyez-moi le bail ou le projet de bail avec une description de votre concept : je vous dis ce qu’il autorise, et ce qu’il faut négocier.